Glossaire

Anglicisme

L’ennemi numéro 1 du traducteur. Source de migraines et d’accès de rage quand il entend vingt fois par jour à la radio en période de Coupe du monde le verbe “supporter” au lieu de “soutenir”, bien qu’il prenne conscience à chaque fois que l’usage faisant loi (seule loi d’airain de la linguistique, au fond), “supporter” veut bien dire “soutenir” aussi, à force de laxisme des journalistes sportifs et animateurs télé. Mais moi, je pense à chaque fois qu’on dit “je supporte difficilement ta mère” et c’est pourquoi la phrase “je supporte l’équipe de France” me hérisse le poil, car j’y entends un contresens. Moralité : c’est par l’inculture des journalistes sportifs que la langue évolue.

Bon à tirer

Accord formel de l’auteur avant envoi du livre à l’impression. Une fois cette étape confirmée, plus aucune correction n’est possible.

Épreuves

Version finale, mise en page (ou “maquettée” dans le jargon des graphistes), d’un livre ou document quelconque. Après une dernière relecture des épreuves (on dit plutôt habituellement “sur épreuves”), quelques menues corrections sont apportées et on procède au bon à tirer.

Dans un passé encore proche, on relisait un tirage papier des épreuves et on les annotait au stylo ; un coursier venait vous livrer une grosse enveloppe et revenait la récupérer une fois que vous aviez fini votre travail. Aujourd’hui, tout se passe le plus souvent à distance, par courrier électronique et sur un fichier PDF.

L’anglais proofreading est un calque de l’expression “relecture des épreuves”. Pas vraiment un hasard !

Espace (une)

Eh oui, en typographie, le mot espace est féminin, c’est pourquoi les correcteurs parlent d’espace “fine” (la variété la plus étroite, qu’on place avant les ! et les ? par exemple). Cependant, il leur arrive, aux correcteurs, d’utiliser le mot au masculin dans les conversations courantes, afin de ne pas passer pour des dingues : “Papa, il faut que tu mettes un espace avant le point d’exclamation. En plus, tu verras, ce sera plus lisible.”

Guillemets

S’ils sont anglais sur ce site, c’est parce que WordPress fait des siennes pour une raison qui m’échappe. Les guillemets français sont bien sûr ceux qui encadrent « ces mots ».

Marche typographique

Ensemble des règles de composition typographique suivies par un même organe de presse (ou autre entité de diffusion de contenu), et qui peuvent différer des usages classiques : par exemple, Le Monde n’accentue pas les majuscules, et Libération ne met pas d’espace insécable à l’intérieur des guillemets. En typographie, comme d’ailleurs plus généralement en linguistique, il n’y a pas d’obligation, il n’y a que des usages, plus ou moins dominants.

En France, la marche (qui ne s’appelle pas “marche”, mais Lexique des règles typographiques) de l’Imprimerie nationale fait autorité et est par conséquent devenue un code typographique ; j’en applique le plus souvent les principes classiques, à moins qu’on m’en impose d’autres. Par exemple, dois-je composer les siècles en petites capitales (xive), comme le recommande le Lexique, ou en capitales normales (XIVe), voire en chiffres arabes (14e) ? Le client est roi. Il peut même me demander de ne pas mettre le e en exposant, même si je lui conseillerai alors ardemment le contraire. Mais il décidera.

Petites capitales